En 30 secondes
- Le PER divise le cours de l'action par le bénéfice par action : combien de fois vous payez le bénéfice annuel.
- Coca-Cola se payait 23,0 fois ses bénéfices fin 2025 (69,91 dollars pour 3,04 de bénéfice par action).
- Un PER ne dit quelque chose que comparé : à la moyenne historique de l'entreprise, à sa croissance et à son secteur.
- En cas de pertes, le PER n'a pas de sens, et chez les cycliques un PER bas peut annoncer une chute du bénéfice.
Introduction
Le 31 décembre 2025, l'action Coca-Cola clôturait à 69,91 dollars, et l'entreprise avait gagné 3,04 dollars par action dans l'année. L'acheteur payait donc 23 fois le bénéfice annuel. Avec les données de Kaplio au 4 octobre 2026, Coca-Cola se paie 25,7 fois ses bénéfices. PepsiCo, son éternelle rivale, 16,5 fois. Coca-Cola est-elle beaucoup plus chère ? Ce multiple du bénéfice, c'est le PER. Et la réponse courte : tout dépend de ce à quoi vous le comparez.
Explication
Le PER (P/E), de l'anglais price earnings ratio, divise le cours d'une action par le bénéfice que l'entreprise dégage par action sur un an. Il vous dit combien de fois vous payez ce bénéfice. C'est le multiple de valorisation le plus utilisé au monde, parce qu'il se calcule avec deux données que l'on trouve partout.
Imaginez qu'on vous propose de racheter la boulangerie de votre quartier. Elle gagne 10 000 euros nets par an et le propriétaire en demande 150 000. Vous payez 15 fois le bénéfice : un PER de 15. Si le bénéfice ne bougeait pas, il vous faudrait 15 ans pour récupérer votre mise. Avec une action, c'est pareil, sauf que vous achetez un petit morceau de l'entreprise au lieu de la boutique entière.
Comment le calculer
Il vous faut le cours de l'action, affiché sur n'importe quel site de cotation, et le bénéfice par action (BPA), que l'entreprise publie dans son compte de résultat : résultat net divisé par le nombre d'actions. Divisez le premier par le second. Vous obtenez le même résultat en divisant la capitalisation boursière par le résultat net total.
Faites attention au bénéfice retenu. Le PER historique utilise le bénéfice du dernier exercice publié ou des douze derniers mois. Le PER prévisionnel utilise la prévision des analystes pour l'année suivante, et ne vaut que ce que valent leurs estimations. Quand vous comparez deux entreprises, prenez le même type pour les deux.
Une astuce utile : retournez-le. En divisant 1 par le PER, vous obtenez le rendement du bénéfice. Avec un PER de 23, il est de 4,3 % : ce que rapporterait votre argent si l'entreprise vous versait tout son bénéfice. Vous pouvez ainsi le comparer à ce que vous rapporte une obligation ou un livret.
Formule
PER = Cours de l'action / Bénéfice par action (BPA)
BPA = Résultat net / Nombre d'actions
Ou encore : PER = Capitalisation boursière / Résultat net
Rendement du bénéfice = 1 / PER
Exemple
Le tableau compare le PER de quatre géants de la consommation de base sur les douze derniers mois, au 4 octobre 2026. Chaque chiffre indique combien d'années de bénéfice actuel vous payez pour chaque action. Coca-Cola se paie 25,7 fois. PepsiCo, 16,5. Procter & Gamble, 21,5. Colgate-Palmolive, 33,1 : la plus chère du groupe selon ce critère.
Pas à pas : Coca-Cola fin 2025
1. Cours de l'action le 31 décembre 2025 : 69,91 dollars.
2. Bénéfice par action dilué de 2025, selon son rapport annuel 10-K : 3,04 dollars.
3. Divisez le cours par le bénéfice par action : PER de 23,0.
4. Rendement du bénéfice = 1 / 23,0 = 4,3 %.
Pourquoi le tableau indique-t-il 25,7 et le pas à pas, 23,0 ? Parce que ce sont deux photos différentes. Le pas à pas prend le cours et le bénéfice de fin 2025 ; le tableau, le cours d'octobre 2026 et le bénéfice des douze derniers mois. Si le PER a grimpé, c'est que l'action s'est renchérie plus vite que le bénéfice n'a progressé. Regardez toujours la date avant de comparer deux PER.
Avant de regarder la fiche : à votre avis, Colgate-Palmolive est-elle plus chère que sa propre moyenne sur dix ans, ou seulement plus chère que ses rivales ? Ce n'est pas la même chose, et la section suivante explique pourquoi.
Exemple avec des données réelles
| Entreprise | Symbole | PER |
|---|---|---|
| The Coca-Cola Company | KO | 25,7 |
| PepsiCo, Inc. | PEP | 16,5 |
| The Procter & Gamble Company | PG | 21,5 |
| Colgate-Palmolive Company | CL | 33,1 |
Comment l'interpréter
Comment l'interpréter
Un PER n'est ni élevé ni bas dans l'absolu. La comparaison la plus utile se fait avec l'histoire de l'entreprise elle-même : c'est celle qu'utilise le Résumé de chaque fiche Kaplio.
| Comparaison | Bon marché | Normal | Chère |
|---|---|---|---|
| PER actuel face à sa moyenne sur 10 ans | moins de 90 % de la moyenne | 90-110 % | plus de 110 % |
| PER face à la croissance (Peter Lynch) | PER inférieur à la croissance annuelle du bénéfice | proches | PER bien supérieur à la croissance |
Chaque secteur a son niveau. Les banques et les pétrolières se traitent en général sur des PER bas, parce que leur bénéfice est cyclique ; les valeurs technologiques à forte croissance, sur des PER élevés, parce que le marché paie le bénéfice futur. Comparez toujours au sein du même secteur. Benjamin Graham, dans « L'Investisseur intelligent », demandait à l'investisseur défensif de ne pas payer plus de 15 fois le bénéfice moyen des trois dernières années. Lynch y ajoutait la croissance : c'est l'objet de la leçon sur le PEG.
Pièges et limites
1. Le PER négatif. Si l'entreprise perd de l'argent, le PER ressort négatif et ne veut rien dire. Intel a perdu 4,38 dollars par action en 2024 et 0,06 en 2025 : elle n'avait pas de PER. Kaplio l'affiche comme « non applicable ».
2. Les cycliques trompent à l'envers. Un sidérurgiste ou un armateur affiche son PER le plus bas au sommet du cycle, quand le bénéfice est record et sur le point de baisser. À ce moment-là, un PER bas peut être le pire des signaux.
3. Un bénéfice exceptionnel. La vente d'une filiale gonfle le bénéfice d'une année et fait plonger le PER. Regardez d'où vient le bénéfice avant de crier à l'action bon marché.
4. Le PER ne voit pas la dette. Deux entreprises au même PER peuvent avoir des dettes très différentes. C'est à cela que sert la valeur d'entreprise.
Cas réel : Intel, quand le PER disparaît
Avec des pertes en 2024 et en 2025, le PER d'Intel a cessé d'exister. Qui ne regardait que ce chiffre n'avait plus rien à regarder. Dans ces cas-là, il faut passer à d'autres outils : le chiffre d'affaires, la trésorerie et la dette. Le PER est un point de départ, jamais une conclusion.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce que le PER en bourse ?
Le PER, ou price earnings ratio, est le rapport entre le cours d'une action et le bénéfice par action de l'entreprise. Il indique combien de fois vous payez le bénéfice annuel : un PER de 15 signifie qu'au bénéfice actuel, il faudrait 15 ans pour récupérer le prix payé. C'est le multiple de valorisation le plus utilisé en bourse.
Comment calculer le PER en bourse ?
Divisez le cours de l'action par le bénéfice par action (BPA), ou la capitalisation boursière par le résultat net. Coca-Cola clôturait à 69,91 dollars le 31 décembre 2025 pour un BPA dilué de 3,04 dollars en 2025 : un PER de 23,0. Utilisez toujours le même type de bénéfice, historique ou prévisionnel, pour comparer deux sociétés.
Quel est un bon PER ?
Il n'existe pas de bon PER universel. Benjamin Graham conseillait à l'investisseur défensif de ne pas payer plus de 15 fois le bénéfice moyen des trois dernières années, et Peter Lynch voulait un PER au plus égal à la croissance annuelle du bénéfice. Un PER sous la moyenne historique de l'entreprise reste le meilleur point de départ.
Que signifie un PER élevé ?
Un PER élevé signifie que le marché paie cher le bénéfice actuel, soit parce qu'il en attend une forte croissance, soit parce que l'action est surévaluée. À l'inverse, un PER bas peut signaler une occasion ou une baisse attendue du bénéfice, comme chez les cycliques au sommet de leur cycle. Le chiffre seul ne tranche pas : cherchez la raison.